Le deuxième tir du M51
Reuters - 21/06/2007 - BORDEAUX - L’armée française a procédé au deuxième tir d’essai du nouveau missile stratégique M51 destiné à équiper les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins, un test dénoncé par les antinucléaires. Hervé Morin, le ministre de la Défense, a exprimé sa grande satisfaction après le succès du deuxième vol expérimental du M51 ‘effectué, comme toujours, sans arme.’ Le précédent tir avait été effectué le 9 novembre dernier.
Le tir de jeudi a été effectué du Centre d’essai de lancements de missiles (CELM) de Biscarosse, dans les Landes, et le missile s’est abîmé dans l’Atlantique nord. Le M51 est destiné à équiper à partir de 2010 les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de nouvelle génération (SNLE) de la force océanique stratégique.
Le porte-parole du collectif ‘Non au missile M51′, Xavier Renou, a estimé que ce tir constituait ‘une violation du traité de non prolifération signé par la France’. ‘La France a une nouvelle fois violé le traité de non-prolifération des armes nucléaires dont elle est signataire. C’est une véritable provocation, un message que la France vient d’envoyer au reste du monde’, a-t-il dit à Reuters.
Présent au Salon aéronautique du Bourget, le ministre de la Défense s’est félicité du succès de ce deuxième tir après celui réalisé le 9 novembre dernier. ‘C’est un exploit technologique absolument indispensable pour l’équipement de la nouvelle génération de missiles nucléaires que nous embarquerons sur nos sous-marins nucléaires lanceurs d’engins’, a déclaré Hervé Morin à la presse. Le ministre a indiqué que la France doit sauvegarder sa dissuasion ‘totalement indépendante’ pour ’sauvegarder notre souveraineté et notre indépendance’.
Depuis quarante huit heures, des activistes du collectif tentaient d’empêcher ce tir en pénétrant dans le CELM. Mardi, certains avaient réussi à franchir les grillages très surveillés du camp avant d’être interpellés, puis relâchés, quelques heures plus tard. Selon Xavier Renou qui se trouvait sur place, le tir a été effectué à 10h14 alors que deux ‘inspecteurs citoyens’ qui y avaient passé la nuit se trouvaient encore dans le périmètre du CELM, où ils ont été interpellés.
Toujours selon le porte-parole du collectif, huit autres avaient déjà été arrêtés dans la matinée avant le tir. ‘On a réussi à décaler le tir au point qu’il a été effectué dans des conditions météo épouvantables de pluie et d’orages. On a réussi à interpeller les autorités et l’opinion et désormais on nous prendra au sérieux’, a-t-il assuré.