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Tuesday 27 January 2009

Répression, violence policière et abus de pouvoir

Filed under: social, solidarity — WhilelM @ 18:45

Vous trouverez ci-dessous un témoignage sur le rassemblement du 24 janvier en soutien à 3 personnes arrêtées.

Pour des informations plus générales sur le sujet (la cristallisation de la menace terroriste d’extrême-gauche dans l’imaginaire étatique français) qui prend de l’ampleur de mois en mois, je vous propose de jeter un oeil sur le dossier Mauvaises intentions et plus particulièrement la brochure Mauvaises intentions n°2

Bonjour,

Merci de faire circuler l’info dans vos réseaux.
Gilles va bien, mais il faut se mobiliser massivement.

Elodie

Répression, violence policière et abus de pouvoir

Samedi 24 janvier 2009 devait avoir lieu à Barbès un rassemblement de soutien pour Isa, Juan et Damien, militants incarcérés depuis presque un an dans le cadre d’une instruction antiterroriste. Le cortège n’a pas eu le temps d’amorcer la moindre marche qu’il était déjà cerné par les CRS et bombardé de gaz lacrymogènes. Une centaine de manifestants (et de passants !) ont été arrêtés et conduits au commissariat du 13e pour rassemblement non déclaré et refus de se disperser. Mais, selon de nombreux témoignages, l’ordre de dispersion n’a jamais été donné et les cordons de flics empêchaient quiconque de partir. Une employée du métro a ouvert les grilles pour permettre aux gens d’évacuer, mais elle a été elle-même gazée à grand renfort de bombe lacrymo.
Gilles est arrivé sur place après que le cordon de CRS a été déployé. Il a observé la scène avec de nombreux autres manifestants et riverains qui criaient leur désapprobation face à l’abus de pouvoir et la violence policiers. Les forces de l’ordre se sont rapidement retournées contre ces spectateurs indésirables en essayant de les cerner à leur tour. Des commerçants (qui sont généralement prompts à baisser leur grille lors des manifestations) ont relevé leurs grilles, épouvantés par tant de violence, pour permettre aux militants de se réfugier dans leur boutique.
Gilles a été arrêté et emmené avec sept autres personnes au commissariat de Riquet. Ils sont accusés de violences sur agents dépositaires de la force publique, rébellion, dégradations, attroupement en bande armée. Un autre groupe de sept personnes conduites au Central 13 est accusé d’avoir refusé de se disperser suite à des sommations policières et est convoqué au tribunal le 6 mai. Les autres personnes retenues dans le 13e ont été relâchées.
Trois policiers ont témoigné avoir vu Gilles lancer une canette sur les forces de l’ordre. Ils l’ont décrit très précisément avec les vêtements qu’il portait… en cellule ! Mais lors de la manif (rappelons que nous sommes en janvier), Gilles portait manteau, casquette, foulard et sac !
De plus Gilles n’a absolument rien lancé (il devait jouer sur scène le soir même, il n’est pas irresponsable), son seul tord était d’être là. Il y a fort à parier que les charges pesant contre les autres reposent également sur de grossiers faux témoignages de représentants de la loi cherchant à justifier la violence de leur intervention. Une autre personne arrêtée a dû subir durant une vingtaine de minutes les coups que quatre policiers lui donnaient à tour de rôle. Ces coups lui ont occasionné une perforation du tympan. Pour justifier une fois de plus leurs actes et couvrir leur bavure, les policiers ont isolé cette personne du reste du groupe et l’ont conduite devant le tribunal bien après les autres, cherchant des éléments pour le charger et essayant de le faire passer pour un gros poisson.
Gilles et les sept autres ont comparu devant le Tribunal de Grande Instance lundi après-midi. Il y a mise en examen, mais heureusement aucune détention provisoire. Le procès aura lieu début mars. Il faudra être nombreux au rendez-vous.

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