WhilelM’s little Wor(l)d

Thursday 13 November 2008

Un troisième tir du futur missile M51 attendu ces jours-ci

Filed under: m51 — WhilelM @ 11:05

Alerté du fait qu’un troisième tir du futur missile stratégique M51 doit avoir lieu aujourd’hui à Biscarrosse, le collectif Sortir du nucléaire [il faudrait plutôt lire le collectif Non au missile M51] organise une manifestation aux abords du Centre d’essais de lancement de missiles (Celm), à Biscarrosse (40), avec l’espoir de pénétrer dans l’enceinte de ce complexe. La date n’est pas certaine, mais un essai devrait bel et bien avoir lieu ces jours-ci, à un moment qui pourrait dépendre entre autres de la météo. Et si le tir se déroule conformément aux prévisions, il s’agira du dernier test avant que le missile n’équipe la force océanique sous-marine, à partir de 2010.

Le M51 a vocation à remplacer les actuels missiles M45 à bord des sous-marins lanceurs d’engins. Il se différencie de ces derniers par sa taille, voisine d’une cinquantaine de mètres, et par sa portée, peut-être proche de 10 000 kilomètres.

Le M51, qui est le vecteur principal de notre force de dissuasion, concentre un budget total de l’ordre de 9 milliards. Une bonne partie de cette manne est déversée dans la région : l’entreprise girondine Snecma Propulsion Solide produit les tuyères (moteurs) de cet engin de trois étages, dont le carburant (du propergol) est fabriqué par l’établissement SME-SNPE de Saint-Médard-en-Jalles (33). La conception globale est confiée à EADS Astrium, dont l’établissement girondin de Saint-Médard a, entre autres, la responsabilité de l’assemblage.

Énorme piscine.

Le tir d’essai des moteurs est assuré par le centre d’essais girondin CAEPE, avant que le missile entier ne soit mis à feu à Biscarrosse pour retomber quelque part dans l’océan Atlantique. Quant à l’établissement CEA-Cesta du Barp (33), il est l’architecte des têtes nucléaires.

Le tir prévu ces jours-ci constituera une première. Contrairement aux deux essais précédents, le gigantesque engin ne sera pas tiré du sol mais à partir d’une fosse profonde d’une cinquantaine de mètres et remplie d’eau. Ainsi seront simulées les conditions d’une utilisation réelle, la première et très brève partie du parcours du M51 devant se dérouler dans l’eau. Pour les précédentes familles de missiles balistiques, ce type de test se déroulait à bord de sous-marins d’essai. Mais, cette fois-ci, une sorte de gigantesque piscine a été creusée à Biscarrosse pour vérifier que le missile fonctionne aussi bien sous l’eau que dans l’atmosphère, puis dans l’espace où il fera un passage avant de retomber vers sa destination finale.

Auteur : Bernard Broustet

Source : Sud Ouest.com

Tuesday 11 November 2008

Le Réveil des Marmottes rappelle la liste des sous-marins nucléaires français

Filed under: m51 — WhilelM @ 11:17

Le Réveil des Marmottes rappelle une anecdote succulente: En 2007, lors de la présidentielle, aucun des deux candidats, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, ne savaient combien la France dispose de sous-marins nucléaires. Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy postulaient à la fonction de chef suprême des Armées… Noutnoute avait éclairé Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy: Les sous-marins de la force stratégique sont stationnés à l’Île Longue dans la rade de Brest en Bretagne. Sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE): L’Inflexible (S615) - Le Triomphant (S616) - Le Téméraire (S617) - Le Vigilant (S618). Sous-marins nucléaires d’attaque (SNA): Le Saphir (S 602) - Le Rubis (S 601) - Le Casabianca (S 603) - L’Émeraude (S 604) - L’Améthyste (S 605) - Le Perle (S 606). Les sous-marins nucléaires sont équipés 6 têtes nucléaires furtives TN71 et de 16 missiles M45. Ils seront remplacés en 2010 par les M51.

Source : Le Réveil des Marmottes : Les sous-marins nucléaires insubmersibles ?

Wednesday 5 November 2008

Des noms de l’automobile en France visitent la dissuasion à Brest

Filed under: m51 — WhilelM @ 11:46

Carlos Ghosn, PDG de Renault et Antar Daouk, membre de l’automobile club de France accompagnés de l’amiral Pierre-François Forissier, chef d’état major de la Marine se sont rendus aujourd’hui sur la base opérationnelle de l’île Longue. Ils ont pu à cette occasion assister à une présentation des nouvelles installations nécessaires à l’assemblage et l’embarquement du missile M51 dont seront dotés les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins dès 2010. Ce déplacement a permis de mesurer toute la dimension de la dissuasion par la visite d’un sous-marin nucléaire lanceur d’engins chargé d’en assurer la permanence. A cette occasion le vice-amiral d’escadre Jean-François Baud, commandant des forces sous marines et de la force océanique stratégique a présenté les forces sous -marines et leur format, consolidé par le livre blanc, en insistant sur la double exigence de crédibilité et d’invulnérabilité de la composante océanique stratégique.

Source : l’actualité de la Marine

Friday 31 October 2008

Trop de pression pour Snecma

Filed under: m51 — WhilelM @ 21:57

La Snecma (groupe Safran) envisage de se séparer ou sous-traiter son activité “capteurs de pression” située à Le Haillan, près de Bordeaux. Ces capteurs sont utilisés tant sur les chaudières nucléaires d’Areva que sur les missiles stratégiques nucléaires M51. Or, leurs seuls équivalents et éventuels substituts sont américains. Ce qui signifie que la Délégation générale pour l’armement (DGA) aura certainement son mot à dire.

Source : LA LETTRE A N°1386 - 31/10/2008

Thursday 30 October 2008

Naval. DCNS Brest n’a pas fini de s’adapter

Filed under: m51 — WhilelM @ 22:15

DCNS est présent au salon Euronaval, sorte d’hypermarché (cher) de l’armement, qui se poursuit au Bourget jusqu’au 31 octobre. L’occasion de prendre la température du site brestois.

Aujourd’hui, DCNS Brest emploie 2.700 personnes. « Dans dix ans, l’effectif fluctuera entre 2.000 et 2.500 », estime le directeur, Gérard Solve. Le même explique que l’entreprise souhaite, globalement, que l’activité actuelle représente la moitié du total dans dix ans. C’est dire qu’elle devra chercher d’autres clients et marchés. Gérard Solve évoque trois secteurs où DCNS veut s’appuyer sur ses compétences. Déjà dans le nucléaire en interne, elle veut élargir le champ, jusqu’à la maintenance de centrales. « Mais on ne pourra pas amener les compétences sur nos sites ».

Énergies marines
Second axe : les énergies en rapport avec la mer. « On peut espérer accrocher de l’activité sur le pays », estime le directeur. Troisième point : les infrastructures, réseaux et maintenance. Dans ce domaine, le principe d’une filiale a été a été décidée (49 % DCNS, 51 % Veolia).
Une partie de l’avenir de DCNS se joue loin de Brest, tout en illustrant des prises de position. À Singapour, une filiale, constituée initialement pour aider à la construction de frégates sur place, a été maintenue pour traiter des opportunités sur la zone. DCNS discute aussi avec la Malaisie, à laquelle elle fournit des sous-marins, au sujet d’une base navale.

Répartition Brest-Toulon
L’entreprise veut aussi améliorer l’organisation existante. Cela vaut pour Brest et Toulon, qui interviennent en maintenance des navires. Déjà, une harmonisation des procédures avait été engagée. Un stade supplémentaire s’annonce : « Il va falloir répartir les compétences, en particulier dans les équipements qui se démontent », explique Gérard Solve. D’où une certaine spécialisation.
Illustration d’une période pas très faste : le site brestois est, en 2008, à 2,5 millions d’heures de travail - « la moyenne des années à venir » - quand il était à 5 en 2006 avec le chantier du Téméraire. « Nous étions, il y a deux ans, à 1.000 personnes en sous-traitance de capacité, la semaine dernière, nous étions à 63 ».

Refonte pour les M 51
À côté de la maintenance classique, le grand entretien et la refonte des sous-marins lanceurs d’engins, pour accueillir les missiles M 51, va apporter de la charge et une certaine visibilité : trois fois 30 mois à partir de 2010. La construction neuve, elle, ne donnera pas beaucoup de travail. Elle est circonscrite aujourd’hui aux futures frégates multimissions (Fremm). « En pic de charge, ce sera 50 personnes sur Brest », estime Gérard Solve. Rappelons que la décision pour le second porte-avions a été reportée à 2011-2012. L’équipe, assez conséquente, de DCN-Ingénierie, qui était affectée au sujet à Brest, travaille aujourd’hui en bonne partie sur le dossier M 51.

Vincent Durupt - Le Télégramme

Friday 24 October 2008

La longue vie de la dissuasion nucléaire

Filed under: m51 — WhilelM @ 12:25

Que les partisans de la dissuasion nucléaire se rassurent, l’effort financier de l’Etat ne fléchit pas.

La construction par DCNS de six sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) Barracuda sera confirmée par la Loi de programmation militaire 2009 (LPM), présentée en conseil des ministres le 29 octobre. Le premier de la série ne sera mis en service qu’en 2017, au terme de cet exercice budgétaire. Soit avec un an de retard par rapport aux dernières prévisions. Le rythme ultérieur de livraison d’un submersible tous les deux ans est pour l’instant confirmé, tandis que le contrat opérationnel reste celui de trois SNA servant concomitamment en mer. Les économies qui découleront à court terme du rythme des mises en chantier ne remettent pas en cause le cahier des charges de la dissuasion dont le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale a confirmé la priorité stratégique. La LPM lui attribue d’ailleurs quelque 23% des engagements, aucune rupture dans la chaîne de ses composants n’étant possible sans risquer de perturber l’ensemble du dispositif.

La lecture du “bleu” de la Loi de finances 2009 confirme cette orientation. Elle établit à 3,8 milliards d’euros le volume des crédits de paiement (CP) et à 3,54 milliards les autorisations d’engagement (AE). Ces crédits sont en progression, constate le député (PS) Michel Sainte-Marie, rapporteur pour avis de l’agrégat, et élu de Gironde où sont concentrés des établissements du nucléaire militaire (CEA-DAM, EADS, SNPE).
Le missile balistique M51 absorbe une partie notoire de ces crédits, au titre de “l’action 6″ du programme 146, avec 777 millions € en CP (1/7e de la somme étant consacrée à la tête nucléaire embarquée, la TNO) ; 909 millions € sont aussi inscrits en AE (700 de plus qu’en 2008), pour lancer la commande de la version 2 du M51 livrable à partir de 2015. A cela, il faudra ajouter les “crédits amont” mobilisables dans la décennie pour maintenir l’expertise des bureaux d’études d’EADS et de la SNPE sur le combustible solide.

Source : LA LETTRE A N°1385 - 24/10/2008

Friday 17 October 2008

5 pacifistes suédois s’attaquent à l’industrie de l’armement

Filed under: direct action — WhilelM @ 23:46

Ils ont endommagé des armes utilisées par les États-Unis en Irak.

Bien qu’ils aient pénétré des bâtiments prétendument sous haute surveillance, c’est eux qui ont du avertir la police une fois leur action terminée.

Vingt lance-roquettes et d’autres systèmes d’armement militaire ont été endommagés, hier, jeudi 16 octobre 2008, par des militants suédois. Ils se sont introduits dans des bâtiments appartenant à BAES et à SAAB, en Suède, au cours de deux actions nonviolentes simultanées et ont martelé des armes destinées à l’exportation vers l’Inde, les États-Unis et le Royaume-Uni, parmi d’autres.

Deux pacifistes, Martin Smedjeback et Anna Andersson, ont pénétré l’unité de production de Saab Bofors Dynamics à Eskilstuna, près de Stockholm, jeudi matin à 0h30. Ils ont martelé et rayé 20 lance-grenades de type « Carl Gustaf », une des armes les plus répandues dans le monde. Une fois leur délit commis sans que rien ni personne ne les en empêche, ils ont averti les autorités de leur présence dans cet établissement censé présenter toutes les garanties de sécurité.

Au même moment, deux autres personnes, Cattis Laska et Pelle Strindlund, ont visité l’usine de BAE Systems à Karlskoga, dans le Comté d’Örebro. À 2h36, ils ont forcé la porte d’une unité d’assemblage et ont procédé à la destruction de pièces composant les « Howitzer 77 » et les « Archer », des systèmes d’artillerie utilisés en Inde et en Irak.

Annika Spalde, la cinquième membre du groupe qui est dans le civil diacre de l’église suédoise, a déclaré lors d’une conférence de presse tenue jeudi midi à Karlskoga : « Quand un gouvernement soutient une guerre illégale et vend des armes à des dictatures, il est plus que temps que les citoyens ordinaires que nous sommes agissent ». Elle fut ensuite, elle aussi, arrêtée à Karlskoga alors qu’elle tentait de s’introduire dans des bâtiments abritant la fabrication d’armements, anciennement propriétés de la célèbre Bofors Company*.

Cette action est la première campagne de désarmement de ce siècle en Suède. Au début de l’invasion de l’Irak menéée par les américains, les exportations d’armement de ce pays ont bondit de 88 %, croissance qui se poursuit encore. Le gouvernement suédois viole sa propre politique de neutralité et en faveur de la paix en fournissant en armes les pays en guerre.

Des pancartes ornées des inscriptions « La porte est ouverte : désarmement libre ! » ont été laissées par les militants pacifistes aux endroits où ils ont effectué des brèches dans les enceintes de sécurité.

Ces militants sont des membres du groupe pacifiste suédois Ofog qui travaille à des actions directes non-violentes contre la militarisation.

Vidéos de l’action : www.ofog.org/avrusta_aktionsvideo
Images photos de l’action : www.ofog.org/avrusta_bilder

Ajout 01/11/2008 : Cattis et Pelle sont en attente de leur procès qui doit se dérouler à Karlskoga le mercredi 5 novembre 2008.

* La Bofors Company était une fonderie rachetée par Nobel en 1894, lequel en fit une entreprise à la pointe de l’industrie de l’armement. La Bofors est devenue célèbre pour l’Howitzer mis en service pendant la 2nde guerre mondiale et très utilisé par les forces brittanique pour défendre l’Angleterre.

Friday 10 October 2008

Retards techniques chez Astrium

Filed under: m51 — WhilelM @ 12:33

La filiale d’EADS dédiée aux services spatiaux, Astrium, vient de mettre en place deux équipes “spéciales” pour rattraper les retards de deux programmes majeurs. La fusée Ariane 5 rencontre des ennuis de soudure sur le réservoir cryogénique en aluminium. Par ailleurs, le nouveau missile nucléaire M51 connaît des problèmes de design qui devraient entraîner le décalage du prochain tir de novembre à décembre.

Source : LA LETTRE A N°1383 - 10/10/2008

Sunday 21 September 2008

Communiqué de presse du Collectif STOP-EPR 2

Filed under: direct action — WhilelM @ 15:02

Vendredi 19 septembre, lors de la réunion du Conseil Municipal de Dieppe (76), un groupe de 30 militants du collectif STOP-EPR 2, a interrompu le vote de la motion entérinant la volonté de l’équipe municipale d’accueillir un deuxième réacteur EPR.

Après avoir écouté les arguments des différents conseillers municipaux, tant pour l’acceptation que pour le refus du projet, les militants sont intervenus pour dénoncer l’absence de consultation démocratique des populations.

Les élus utilisent les mêmes arguments que ceux présentés en 1980 pour la construction de la centrale de Penly : l’emploi et la fourniture d’électricité pour la région et le pays. Or, la situation de Dieppe n’a aucunement progressé en matière d’emploi et la France avec 58 réacteurs nucléaires est en surproduction d’électricité.

Aujourd’hui, les énergies renouvelables créent et créeront plus d’emplois. De plus, c’est la sobriété énergétique qui répondra aux enjeux énergétiques majeurs de demain (pic de production de pétrole et changement climatique).
Pourtant, les élus s’obstinent à imposer une solution du passé.

Ne nous laissons pas abuser par le faux-nez de la démocratie municipale qui veut nous imposer ses solutions technocratiques habituelles aux dépens et à l’insu de la population.
Quand redonnera -t-on aux citoyens la souveraineté sur leurs choix de société ?

Il serait normal qu’une enquête d’utilité publique soit menée avant que la décision soit prise de construire une installation industrielle de cette complexité et de ce niveau de risque.
Au nom de l’intérêt général, nous demandons à la Municipalité de diffuser une information officielle transparente dans chaque foyer et d’organiser un débat contradictoire et une consultation des habitants de Dieppe.

Remarque : Après une suspension de séance d’une heure, le maire et ses conseillers ont repris la séance. Répondant à l’un de ses conseillers demandant si la motion concernant l’EPR avait été votée, le maire répondit qu’elle avait été adoptée, alors que les militants étaient intervenus dès le début du vote et l’avaient donc interrompu.

Images de Cyril Cavalié et celles d’Hugues Léglise.

Tuesday 16 September 2008

La Quadrature du Net

Filed under: internet — WhilelM @ 9:33

Sauvons le net européen !

Par Christophe Espern, fondateur de l’initiative La Quadrature du Net, membre du Conseil d’Orientation du Forum des Droits sur l’Internet.

Le Parlement débattra bientôt d’un projet de loi « relatif à la Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet ». Ce projet reprend les recommandations formulées par Denis Olivennes, alors PDG de la FNAC. L’une des mesures phares consiste à sanctionner une violation répétée du droit d’auteur en coupant l’accès à Internet du foyer.

Cette sanction serait prononcée par une autorité administrative dite « indépendante ». Signalés par des acteurs privés balayant internet, les délits supposés seraient ensuite constatés, à distance, par des agents administratifs ayant accès aux données personnelles de connexion. Le tout sans contrôle de l’autorité judiciaire. À ce jour, seules les forces de l’ordre luttant contre le terrorisme disposent de ce pouvoir d’exception, à titre temporaire, jusqu’à fin 2008.

Ce projet de loi sidérant, élaboré dans des conditions qui le sont tout autant – a-t-on jamais confié une mission sur les OGM à Monsanto ? – est révélateur d’une fuite en avant dangereuse pour la démocratie, la société et l’économie.

En France, nombre de lois et règlements sur le numérique ont été adoptés ces dernières années, sans concertation préalable ni bilan de l’existant, sous la pression de lobbies. Ainsi, le rapport d’application prévu pour février 2008 de la très décriée loi sur le droit d’auteur de 2006, adoptée en urgence, n’est même pas entamé que le projet Olivennes est déjà rédigé.

Or ces textes sont en décalage avec la réalité des usages et des techniques. À peine votés, ils sont obsolètes, inapplicables, inopérants. Les juristes en perdent leur latin. C’est la quadrature du Net : le diable ne veut pas rentrer dans la boîte !

Et si le diable était la boîte ?

Poser la question est hérétique en soi. Quand la légalisation des échanges de musique et films contre rémunération des artistes a été votée par des députés de tous bords fin 2005, le gouvernement pressé par les éditeurs l’a fait retirer immédiatement par une majorité remise au pas. Denis Olivennes a lui annoncé dès sa nomination qu’il n’était pas question de l’étudier. La ministre la Culture l’a aussi péremptoirement écartée quand la commission Attali pour la libération de la croissance l’a préconisée.

Le projet Olivennes inscrit donc le gouvernement dans une dérive dogmatique, quasi-obscurantiste, et autoritaire. Il écoute des oracles usés, considérant le progrès comme une menace plutôt qu’une opportunité. L’étape proposée constituerait cependant une régression sans précédent si elle était franchie.

Les ministres de la culture et de la justice suédois, qui ont rejeté récemment un projet similaire, ne s’y sont pas trompés, déclarant que « la coupure d’un abonnement à Internet est une sanction aux effets puissants qui pourrait avoir des répercussions graves dans une société où l’accès à internet est un droit impératif pour l’inclusion sociale ». D’autant plus qu’en cas d’offre triple play, le téléphone et la télévision pourraient être coupés aussi. La mort sociale électronique de familles entières au nom du droit d’auteur ? Beaumarchais, Victor Hugo, Jean Zay seraient scandalisés.

Et que dire de l’extension de mesures d’exception prévues pour lutter contre le terrorisme, afin que des acteurs privés puissent chasser l’internaute et contourner l’autorité judiciaire ? Qui peut croire qu’un internaute sanctionné de la sorte ira dépenser son argent à la FNAC ? Surtout que même suspendu, son abonnement sera toujours à sa charge !

Quant au coût pour le contribuable et l’économie, il est à ce jour inconnu. Aucune étude d’impact n’a été réalisée. Tracer, menacer, réprimer des millions de personnes via une justice parallèle aura pourtant un prix. Déconnecter des foyers, des entreprises, aussi. Les finances publiques et tous les usagers devront le supporter.

Il est impossible de contrôler efficacement la circulation de l’information à l’ère du numérique par le droit et la technique sans porter gravement atteinte aux libertés publiques et entraver le développement économique et social. Mais il existe d’autres solutions : sécuriser juridiquement les usages démocratiques et créatifs de la Toile, permettre aux entrepreneurs du web d’innover sans risque, revoir les mécanismes de répartition de la richesse existante, admettre enfin que l’approche répressive et la concertation réduite à quelques lobbies mènent à l’autoritarisme de marché.

Il a fallu plus de 3500 ans pour démontrer qu’il était impossible de faire rentrer sans perte des ronds dans des carrés avec une règle et un compas, à cause de la transcendance de Pi. Comme la quadrature du cercle en son temps, la quadrature du net ne sera dépassée qu’en changeant d’outils et de perspectives. Faudra-t-il 3500 ans pour que le législateur le comprenne ?

Diffusion de ce texte dans son ensemble encouragée tant que la présente mention est préservée.

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