WhilelM’s little Wor(l)d

Tuesday 28 April 2009

Histoire du premier mai

Filed under: social — Tags: — WhilelM @ 23:13


Pourquoi manifeste-t-on le premier mai ? Pourquoi l’appelle-t-on « fête du travail » ? D’où vient cette date ? Que cherche-t-on à nous faire oublier en nous faisant promener ? Ce petit texte explique l’origine historique du Premier Mai.

L’obtention des 8 heures par jour était au centre des revendications pour lesquelles les travailleurs des États-Unis étaient décidés d’aller jusqu’à la grève générale pour faire pression sur le patronat et le gouvernement. Le 1er mai fut déclaré jour international de solidarité de classe et de revendication pour les 8 heures par les Knights of Labour. Au cours du printemps 1886, les ouvriers de tous les secteurs ont focalisé leurs actions sur cet objectif et ont parfois obtenu gain de cause dans ce domaine.

Devant la détermination des ouvriers et l’expansion du mouvement syndical, le patronat et le gouvernement décidèrent d’adopter des mesures de répression plus expéditives. La fameuse affaire de Haymarket à Chicago, événement dramatique et marquant pour le mouvement ouvrier international, a inauguré une ère nouvelle de répression et de résistance.

1er mai 1886 ; succès maximal de la mobilisation. En dépit des avertissements haineux et des prédictions alarmistes de la presse bourgeoise, aucune émeute n’éclata, aucune atteinte à la propriété n’eut lieu et la manifestation pacifique des travailleurs ne se transforma nullement en révolution. Par ce beau samedi ensoleillé, les fabriques, les usines, les entrepôts furent désertés. Dans leurs plus beaux vêtements, les ouvriers de Chicago, accompagnés par leur famille, défilèrent par milliers dans les rues, sous les yeux sidérés de la police, de l’armée et des gardes privés prêts à intervenir au moindre trouble. La manifestation de solidarité se déroula sans encombre et s’acheva sur les bords du lac Michigan, où les principaux orateurs, parmi lesquels Albert Parsons et August Spies, prirent la parole devant la foule. Dans la seule ville de Chicago, 80 000 ouvriers participèrent à la manifestation et, dans tout le pays, le 1er mai eut le même retentissement et fut suivi avec le même enthousiasme.

Le lundi suivant, 3 mai, le mouvement de grève continua et beaucoup d’ouvriers se joignirent aux grévistes du 1er mai, paralysant ainsi l’économie de la ville de Chicago. La violence des forces de l’ordre, contenue durant la journée du samedi, allait éclater devant les grilles d’une usine de machines et outils agricoles, la McCormick Harvester Works (aujourd’hui International Harvester Corporation). Ripostant à la journée de grève du 1er mai par un lock-out massif, le patronat de cette usine avait remplacé ses employés par 300 briseurs de grève. A la sortie, ceux-ci furent pris à parti par les grévistes. Brusquement, la police chargea l’arme au poing. Les grévistes tentèrent alors de se disperser, mais les policiers, sans doute déçus et exaspérés par le caractère pacifique des manifestants du 1er mai, tirèrent sur la foule, abattant six hommes alors qu’ils s’enfuyaient. Les organisateurs de la journée du 1er mai virent dans ce massacre un fait honteux et inacceptable qu’il fallait dénoncer publiquement. Une manifestation fut décidée pour la soirée du lendemain sur la place de Haymarket, non loin d’un des commissariats de police de Chicago. Cette soirée de protestation contre les brutalités policières se déroula sans heurt, les orateurs se succédant devant une foule calme. Vers la fin de la manifestation, alors que les principaux orateurs avaient déjà quitté la place, 180 policiers, la matraque à la main, firent irruption parmi les manifestants, les enjoignant de se retirer immédiatement, ce à quoi Sam Fielden, un des organisateurs, eut le temps de répliquer que la foule était paisible. Une bombe explosa alors au milieu des policiers et ce fut la panique. Les policiers, dont un fut tué et sept blessés, firent feu et la foule se rua dans toutes les directions pour échapper à la fusillade.

Du côté des manifestants, le bilan fut également lourd, un mort et de très nombreux blessés. On ne retrouva jamais le lanceur de bombe, peut-être un provocateur. Cependant, les autorités ne prêtèrent aucun crédit à cette version des faits. La situation, à leurs yeux, ne comportait aucune énigme, les responsables étaient connus : les anarchistes. Non contents d’inspirer les mouvements de grève des jours précédents et de semer le trouble en incitant les ouvriers à manifester sur la place de Haymarket, ils s’attaquaient directement aux forces de l’ordre. Les autorités devaient donc réagir vite et frapper à la tête du mouvement pour endiguer une révolte qui mettait tout le système en péril.

Les représentants du mouvement ouvrier de Chicago, Albert Parsons, August Spies, Michael Schwab, George Engel, Adolph Fischer, Samuel Fielden et Louis Lingg furent arrêtés, jugés et condamnés à être pendus, sans aucune preuve de leur culpabilité. Parsons, Spies, Fischer, Engel furent exécutés, Fielden et Schwab réclamèrent la clémence et virent leur condamnation commuée en peine d’emprisonnement à vie. Quant à Lingg, dont la mort reste un mystère qui n’a toujours pas été éclairci, il se serait suicidé dans sa cellule. Le procès des martyrs de Chicago a inauguré le règne de la terreur pour le mouvement ouvrier dans tout les États-Unis. Le 1er mai 1886 ainsi que les événements dramatiques qui ont secoué le mouvement ouvrier américain sont à l’origine de la célébration de la Fête du Travail, jour chômé et réservé aux manifestations des travailleurs. Comme, plus tard, le cas de Sacco et Vanzetti et l’affaire Rosenberg, le procès des martyrs de Chicago reste un exemple de la justice à la solde des possédants dans l’Amérique capitaliste. Les dernières paroles d’August Spies, à ce propos, sont prophétiques :

« Il viendra un temps où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd’hui »

Les débuts du premier mai en France

Paris connut le premier mai 1890 son premier « premier mai ». Une tradition allait naître, mais, pendant longtemps encore, sa célébration va se faire contre les forces de répression et 1er mai va signifier affrontements, brutalités et sanctions de tous ordres. En 1901, le syndicaliste Pouget propose dans son journal Le Père Peinard : « Fixons nous une date et proclamons qu’à partir du jour que nous aurons choisi pour rien au monde nous ne consentirons à faire plus de huit heures ! ».

Il faudra attendre le 8ème congrès de la CGT, qui se tient à Bourges en septembre 1904, pour que l’idée soit reprise et la date fixée : ce sera le 1er mai 1906 ! Pour préparer cette journée, la CGT entame la première grande campagne de propagande de son histoire : affiches, tracts, papillons, brochures, création de comités d’action pour les 8 heures, articles dans le journal confédéral d’alors, La Voix du Peuple. On y développe toute une argumentation autour de l’idée des 8 heures : moyen pour combattre le chômage, éliminer fatigue et surmenage, supprimer les maladies professionnelles, développer les bibliothèques, élever le niveau culturel des travailleurs, etc.

C’est dans ce climat qu’arrive le 1er mai 1906, qui va être marqué par de violents affrontements avec les forces de police. Dès le matin, Paris est mis en état de siège : soldats et policiers en armes à chaque carrefour, forte concentration de policiers à cheval aux abords de la Bourse du travail, place de la République. La caserne proche a même été aménagée en « prison » temporaire…

Les divers syndicats ont convoqué leurs adhérents en plusieurs points de la capitale. Un meeting est prévu à la Bourse, mais comme tout le monde ne peut y pénétrer, c’est une manifestation de rue que la police s’efforce de disperser : il y a des charges brutales, des arrestations par centaines. A l’heure du bilan, le soir, on comptera même deux morts. Et il faudra attendre 23 heures pour que les rues de Paris retrouvent leur aspect habituel. Mais les violences continueront pendant plusieurs jours encore. Les patrons licencieront plus de deux mille travailleurs coupables d’avoir quitté leur travail le 1er mai !

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Source : HISTOIRE du PREMIER MAI sur le site http://cnt-ait.info

Friday 27 March 2009

Garde à vue au SARIJ 8

Filed under: ad, direct action — WhilelM @ 11:25

Ci-après, un texte d’Yvan Gradis du Collectif des déboulonneurs:

Récit de mes vingt heures de garde à vue du 28 février au 1er mars 2009 avec cinq autres barbouilleurs du Collectif des déboulonneurs

À François Vaillant et aux quelques Français restants à n’avoir pas encore été gardés à vue

SARIJ : service d’accueil, de recherche et d’investigation judiciaires. Il y en a un par arrondissement parisien. Tantôt il se confond avec le commissariat central, tantôt il se trouve à une autre adresse ; c’est le cas de celui du 8e arrondissement (210, rue du Faubourg-Saint-Honoré, près de l’Étoile, à quelques mètres de la jonction entre l’avenue de Friedland et le boulevard Haussmann). Quand un policier répond au téléphone, il annonce : « SARIJ 8. »

15 heures – Je retrouve mes compagnons du Collectif des déboulonneurs à la sortie du métro Pigalle (9e arrondissement). Au programme : le 34e barbouillage parisien (pour moi, le 48e depuis que je barbouille). Prises de parole, chanson (La Barbouillaise), consignes de non-violence, tout cela devant une soixantaine de sympathisants, photographes, cadreurs et journalistes, notamment une équipe de télévision (TF1). La police aussi est au rendez-vous : dix fourgons et une quarantaine d’agents. Je lis en public un article du philosophe protestant Olivier Abel, paru dans La Croix du 28-1-2009 : « Savoir s’abstenir, une morale de la résistance », dans lequel il dénonce l’agression publicitaire sans citer une seule fois le mot « publicité ».

15 h 30 – Les manifestants, talonnés par des policiers très calmes, se déplacent d’une centaine de mètres jusqu’au 53, boulevard Rochechouart.

15 h 35 – Six militants – Vincent B***, Raphael C***, Raphael J***, Arthur L***, Mizu et moi-même – barbouillent trois panneaux publicitaires déroulants de l’afficheur-pollueur délinquant Avenir (groupe JCDecaux). Nous inscrivons à la bombe de peinture, moi : « Légitime réponse », eux : « Vitrine du mensonge… Violence économique… 50 x 70 (revendication du collectif concernant la taille des affiches publicitaires)… ».

15 h 40 – Tandis que la foule – alors plus de soixante-dix personnes, des passants s’étant agglutinés –, applaudit et entonne Le Barbouilleur, les policiers, toujours aussi placides, viennent arrêter les activistes, dont certains brandissent bombe et carte d’identité en faisant le V de la victoire. Pour aucun d’entre nous, ce n’est un baptême : tous ont déjà été arrêtés au moins une fois – pour ma part, je m’apprête à être conduit au poste pour la trente-quatrième fois (en huit ans), pour les mêmes faits. D’ailleurs, un des policiers m’avoue me reconnaître – ce genre de retrouvailles se reproduit évidemment de plus en plus souvent au fil des mois et des années. Nos sacs sont confisqués, nous sommes palpés et embarqués dans le même fourgon.

15 h 55 – Départ du fourgon. À travers l’étroite fenêtre, grands sourires et signes de la main en direction de nos sympathisants restés sur le trottoir. Nous ignorons notre destination. L’expérience nous a appris que l’on n’est pas toujours emmené au SARIJ de l’arrondissement dans lequel s’est déroulée l’action.

16 h 15 – Arrivée au SARIJ 8. Je le connais bien : j’y suis passé quatre fois, dans le même contexte, mais assez brièvement… C’était en 2002, 2006 et 2008. Nous sommes conduits à l’accueil, au rez-de-chaussée. Comme toujours, les policiers qui s’y trouvent déjà nous regardent avec curiosité. Comme toujours, nous les saluons et… certains nous répondent. On nous menotte tous les six, par une seule main, au banc en L de l’accueil.

16 h 30 – Contrairement à d’autres fois, où l’attente – avec ou sans menottes – peut dépasser l’heure et demie, on commence à nous détacher, les uns après les autres, au bout d’un quart d’heure, pour nous conduire au premier étage en vue de nous interroger. Je suis parmi les premiers. Pour moi, c’est toujours le meilleur moment. Celui de l’échange verbal avec un être humain « vierge », en l’occurrence un officier de police judiciaire (OPJ) chargé de prendre ma déposition. Assez souvent, il ne sait rien ou presque de la raison de ma présence, occasion pour moi de découvrir directement ses réactions aux faits que je lui expose. Rien de plus hétérogène que l’espèce des OPJ : de l’extrême ouverture d’esprit jusqu’à l’idiotie teintée d’agressivité, tous les degrés et les nuances de l’intelligence humaine pimentent l’entretien de la façon la plus imprévisible.
Après la première série de questions auxquelles je ne peux me soustraire – mon identité, celle de mes parents, mon adresse, ma profession –, viennent celles, plus ou moins indiscrètes, auxquelles, selon certains spécialistes, je ne serais pas obligé de répondre – suis-je locataire ou propriétaire de mon logement ? quel est mon salaire ? ai-je fait mon service national ? connais-je l’identité des autres personnes arrêtées ? etc. Une bonne façon de prendre la température de l’officier qui vous interroge est de voir comment il réagit à vos « je n’ai rien à déclarer ». Celui auquel j’ai affaire cette fois les encaisse sans état d’âme apparent, si ce n’est d’infimes signes d’agacement.

16 h 45 – Je suis plus près du début que de la fin de mon interrogatoire, quand surgit dans le bureau une officière qui vient se plaindre au mien que son « interrogé » à elle refuse de répondre à certaines questions. L’autre lui répond que c’est pareil pour lui. Un autre policier qui s’affaire dans mon dos, en civil mais que ses collègues appellent « capitaine », est passablement énervé par ce qu’il semble considérer comme un mauvais déroulement des interrogatoires. Il gagne l’autre bureau pour s’assurer par lui-même de la récalcitrance de mon compagnon et revient quelques secondes plus tard en fulminant. La colère au visage et dans la voix, il décide de nous mettre tous les six en garde à vue, ajoutant : « Ils n’auront qu’à s’expliquer avec celui qui refuse de répondre aux questions. C’est à cause de lui que je les mets tous en garde à vue ! »
Interruption immédiate des interrogatoires. On me fait redescendre à l’accueil, où je retrouve les autres, dont certains attendaient leur tour. Nous voilà de nouveau tous menottés au banc. Les uns après les autres, on nous détache, on nous palpe plus à fond que lors de l’interpellation, on nous confisque tous les objets que nous portons sur nous (ceinture, lacets, mouchoirs, téléphones, tickets de métro, épingle à cheveux [l’un de nous porte le catogan], argent, stylo, papier, jusqu’au moindre petit rien), lesquels sont déposés dans des boîtes en plastique individuelles. (À partir d’ici, ma montre ayant été confisquée, je dépends du bon vouloir des policiers qui ne donnent l’heure qu’au compte-gouttes ; mais la suite de la chronologie ne contient qu’une faible marge d’erreur.)

17 heures – Fouille à corps. Un policier m’emmène juste à côté de l’accueil, dans un réduit occupé seulement par une petite table et deux chaises. Il s’assied, me fait asseoir et me demande d’enlever mes chaussures. Il me confisque le stylo et le bloc-notes que j’avais cachés sous un de mes pieds. Il me fait lever, retirer mon pantalon et baisser mon slip, face à lui. Je baisse mon slip légèrement. Il exige sur un ton aigre : « Jusqu’aux genoux. » Je m’exécute et lui fais remarquer qu’il n’a pas l’air d’apprécier outre mesure cet aspect de son métier. Ce qu’il me confirme sans façons : « Si vous croyez que ça me fait plaisir de voir des gens à poil toute la journée ! » Pendant que je me rhabille, il me demande, mécaniquement, si j’ai « des envies de meurtre » et si je porte des tatouages. Je lui réponds que non. Interrogé, il m’explique que la question sur les tatouages, « c’est pour l’identification ». Une fois sorti du réduit, je suis conduit dans une cellule juste à côté.
Ayant lu récemment des témoignages de gardés à vue, je m’attends au pire, c’est-à-dire à l’odeur – caractéristique selon la quasi-totalité – d’urine et de vomi. Ce n’est pas le cas, même si l’air ambiant n’a rien d’une brise printanière de haute montagne ni de l’iode des bords de mer… Il est vrai que nous sommes encore en hiver, ce doit être différent aux beaux jours… La cellule fait 2 mètres de large sur 1,70 mètre de profondeur. Le mur du fond est entièrement occupé par une planche de bois en guise de banc où une personne, même grande, pourrait s’allonger. Les deux seuls objets présents – à part les deux caméras convergentes au plafond – sont d’étroits matelas légers en plastique, rangés le long du mur. La façade consiste en une paroi de verre (ou de Plexiglas, incassable) dont le bas s’arrête à une demi-dizaine de centimètres du sol, et dans laquelle a été pratiquée une porte, elle aussi de verre, que le policier referme derrière moi à l’aide de deux loquets dont la sinistre et brutale résonance me donne l’impression d’être un tueur en série ou un anaconda.
Bientôt, nous nous retrouvons tous les six derrière non pas les barreaux, mais les parois de verre. Un policier vient nous « provoquer » en nous désignant de façon grossière celui d’entre nous à cause duquel nous sommes censés être ici. N’appréciant pas que mes compagnons et moi-même passions pour des truands adeptes du règlement de comptes, je rétorque haut et fort au provocateur que, d’une part, nous sommes soudés les uns aux autres dans une parfaite solidarité, d’autre part, celui dont il aurait voulu faire le bouc émissaire est quelqu’un de très apprécié… Histoire de montrer à l’agent qu’il devra chercher une autre stratégie pour nous diviser !
Dans ma cellule, située juste en face du couloir de quelques mètres qui mène à l’accueil et d’où l’on peut assister à l’entrée et à la sortie des policiers, de leurs « invités » et de leurs « visiteurs », nous sommes trois (avec Mizu et Raphael J***). Dans celle à ma gauche, Arthur et Raphael C***. Dans celle à ma droite, Vincent. Les trois militants enfermés dans celle du milieu sont assis, bêtement, côte à côte sur le banc et devisent. Très vite, je me lève, m’approche de la paroi de verre et, puisque aucun policier n’est à ce moment-là dans les parages, j’en profite pour interroger tous mes compagnons, de façon préventive, sur leur position par rapport à un certain test auquel nous pourrions être soumis. Sans que j’aie à être plus précis, ils comprennent que je parle de l’ADN (acide désoxyribonucléique) et tous les six me confirment leur refus de se soumettre à ce prélèvement biologique, auquel aucun d’entre nous n’a encore jamais eu droit.
Nous entendons les policiers de l’accueil finir de répertorier à voix haute nos objets personnels, jusqu’aux pièces de un centime ! Cette première demi-heure d’enfermement est l’occasion de constater la mauvaise volonté de nos geôliers à nous donner l’accès aux toilettes. Mauvaise volonté qui, d’après moi – et même si l’on devine qu’elle provient probablement de demandes abusives de certains gardés à vue qui aiment se promener dans les couloirs –, relève du mauvais traitement, voire du premier degré de la torture. C’est le seul reproche que je pourrais formuler à l’encontre des policiers qui, outre cette petite marque de sadisme administratif, seront, à notre égard, tout au long de l’aventure, d’un comportement parfaitement correct.

17 h 30 – Reprise des dépositions. Sorti de ma cellule, je suis emmené au premier étage par le même officier qui avait commencé de m’interroger, une heure plus tôt. Gravissant l’escalier devant lui et une policière, j’entends celle-ci lancer à son collègue, à voix basse et sur un ton plaisantin : « Marre de la pub ! » Me retournant, je fais remarquer à l’officier que cette dame a des idées très saines et qu’il devrait en prendre de la graine.
Après avoir retrouvé la même chaise, dans le même bureau, je me vois demander, comme si je venais d’être atrocement torturé, si je « consentirai » cette fois à répondre à toutes les questions. Je réplique de la façon le plus froide possible : « Ni plus ni moins que tout à l’heure. » L’interrogatoire reprend, dans des conditions et une ambiance pour moi parfaitement habituelles. « Mon » OPJ est du genre austère et sec. Étant moi-même, sinon sec, du moins austère, nous sommes faits pour nous entendre ! Quand je lui livre – à sa demande – ma version des faits, mes motivations, précisant, pour la énième fois en quelques années, que, bénévole, je refuserais « toute rémunération pour ce travail » mais qu’en revanche j’accepterais volontiers la Légion d’honneur, il l’enregistre sans broncher. À la fin de l’entretien, il me demande si je souhaite voir un avocat. Je lui dis que oui et lui donne le nom de l’avocat du collectif (François Roux). Quand je lui apprends que cet avocat réside à Montpellier, il me demande, avec une pointe d’ironie, comment il fera pour venir. Je lui réponds, pince-sans-rire : « Par le train. » (J’ai oublié que notre avocat héraultais a une collaboratrice parisienne.) Au cas où mon avocat serait indisponible pendant ma garde à vue, l’officier m’explique que j’aurais droit à un avocat commis d’office. Il me demande ensuite si je souhaite voir un médecin. Suivant un traitement médical, et même si j’ai pris soin d’emporter mes médicaments, je réponds que oui – sait-on jamais, si mon séjour ici devait se prolonger… Il me propose enfin de faire prévenir quelqu’un de mon entourage. Je lui donne un numéro de téléphone. Quelques minutes plus tard, après s’être absenté brièvement, il m’assure que la personne a été prévenue, sans préciser si le lieu et la durée prévue de mon internement lui ont été indiqués – de l’ignorer sera pour moi, à partir de cet instant et jusqu’à ma sortie le lendemain, mon souci le plus aigu ; ladite personne m’apprendra plus tard que le message déposé sur son répondeur mentionnait bien que j’étais retenu pour vingt-quatre heures au SARIJ du 8e.

18 heures – Tandis que nous descendons l’escalier en silence pour regagner le rez-de-chaussée, l’OPJ m’assure tout à coup, à brûle-pourpoint, que, contrairement à ce que j’avais insinué une demi-heure plus tôt dans ce même escalier devant sa collègue, il comprenait tout à fait ma cause. La vivacité de son démenti me donne le sentiment que je l’avais peut-être vexé en mettant sa publiphobie en doute !… Les lugubres loquets ouverts puis refermés, je retrouve mes deux compagnons de cellule sur le banc.

20 h 15 – Un policier m’ouvre la porte. « On vous emmène à l’hôpital. » Une onde de frayeur me traverse l’esprit une fraction de seconde : n’ai-je pas été menacé d’internement psychiatrique, une autre fois, un an plus tôt, par une OPJ au moment de ma phrase sur la Légion d’honneur ? Mais je me rappelle que j’ai demandé à voir un médecin et je crois savoir, par ailleurs, que cela ne peut se faire sur place. Je rassure mes compagnons, dont j’aperçois les regards inquiets à travers les parois de verre, leur expliquant que cet épisode découle de ma seule décision.
On me menotte mains dans le dos et me pousse vers l’accueil. J’apprends aux policiers que le médicament que je dois prendre se trouve dans les affaires qu’ils m’ont confisquées. Ils rétorquent qu’ils ont l’obligation de m’emmener à l’hôpital. Je ne suis pas le seul à devoir y être conduit. Avec moi se trouve un jeune qui, à ce que j’entends, entre dans la catégorie « stup ».
Le jeune et moi sommes embarqués dans un fourgon, encadrés par cinq policiers : deux à l’avant, trois à l’arrière avec nous. Tandis qu’un parfait silence – comme je les aime – règne dans la cellule ambulante, je fais un des plus beaux voyages de ma vie. De ma place, face aux vitres latérales, je découvre Paris comme jamais je ne l’ai vu, ni à pied, ni à vélo, ni en voiture, ni en bus. Inoubliable défilement nocturne des quais de Seine, de la Concorde jusqu’à l’île de la Cité ! Car nous nous rendons à l’Hôtel-Dieu, l’hôpital qui domine le parvis de Notre-Dame. Et les embouteillages du samedi soir ralentissent notre progression, malgré le gyrophare.

20 h 45 – Arrivée à l’Hôtel-Dieu. Le fourgon se gare, rue de la Cité, juste en face de la préfecture de police. On nous fait descendre et pénétrer dans l’hôpital par la porte des « urgences ». Le service du rez-de-chaussée dans lequel nous sommes conduits est une zone policière, à en juger par les nombreux uniformes qui vont et viennent. Toujours menottés, on nous fait asseoir sur des bancs, dans une grande salle d’attente. Au bout d’un assez long moment, je romps le silence et demande au jeune la raison de sa présence ici. Il m’explique qu’il a été pris en flagrant délit de conduite d’une moto alors qu’il fumait du haschisch (il dit « joint »). Comme il me le demande, je lui apprends que, de mon côté, j’ai barbouillé un panneau publicitaire pour dénoncer la pollution visuelle, ce qui semble le laisser froid. Nous en resterons là.

21 h 15 – Consultation médicale. On me conduit, au bout d’un petit couloir, vers un cabinet exigu devant lequel on m’enlève les menottes. Me retrouvant seul avec un médecin en blouse blanche, je me vois demander – question sans doute rituelle, tout comme celles de l’envie de meurtre et des tatouages – si j’ai été frappé, si j’ai subi des violences. Après m’avoir interrogé sur mon traitement et pris note de l’identité du prescripteur, le médecin va dans une pièce voisine, réapparaît avec le médicament dont j’ai besoin et m’annonce qu’il me faudra revenir demain pour prendre ma dose du matin.

21 h 25 – Retour à la salle d’attente, de nouveau menotté.

21 h 30 – Départ de l’Hôtel-Dieu. À travers les vitres du fourgon occupé par les mêmes personnes qu’à l’aller, le fabuleux film silencieux repasse à l’envers.

22 heures – Arrivée au SARIJ. À l’accueil, un policier me propose, pour le dîner : « Riz à la sauce provençale, pâtes » ou autre chose que j’ai oublié. Craignant généralement la soif plus que la faim, je lui demande si j’aurai droit aussi à un verre d’eau. Car, me dis-je, plutôt que de manger sans boire, ce qui accroîtrait ma soif, je préfère ne pas manger du tout. Ma question l’énerve, il refuse d’y répondre. Je lui explique que j’ai besoin de sa réponse avant de décider si je veux dîner ou non. Il cède et me promet de l’eau. Je choisis les pâtes.
En regagnant ma cellule, un coup d’œil furtif vers celles qui l’encadrent me donne vaguement l’impression que mes compagnons ont de la visite… À me rappeler les allées et venues des heures qui suivent, il me semble que ce ne sera pas le cas en permanence.
Ayant rejoint Mizu et Raphael J***, j’apprends qu’ils ont déjà dîné. L’un est allongé sur un des deux matelas étroits mis à notre disposition ; l’autre est toujours assis sur le banc : sans doute a-t-il obligeamment attendu mon retour pour me proposer le matelas. Mais je choisis le banc et lui laisse le matelas. Une policière m’apporte mon dîner : des pâtes dans une barquette de polystyrène et un verre de plastique rempli d’eau. Ayant posé le verre d’eau à côté de moi sur le banc et m’apprêtant à manger les pâtes, je me vois ordonner de commencer par l’eau, car je dois rendre le verre sans délai, faute de quoi, en le coupant, je pourrais m’en faire une arme pour m’ouvrir les veines. Je bois et rends le verre. La policière le pose par terre, devant notre cellule, à côté de ceux de mes deux compagnons. Les verres étant identiques, elle nous fait remarquer délicatement l’ordre dans lequel elle les a disposés. Puis j’attaque les pâtes. Excellentes – vraiment. Et le plat est copieux. Alors qu’un policier passe devant la cellule pendant mon repas, je lui demande de féliciter le chef pour sa cuisine. Après avoir vidé ma barquette, je la repose dans le couloir en passant la main sous la paroi de verre.
Nous sommes maintenant installés pour la nuit, même si nous ne savons pas de façon sûre que nous allons la passer ici – coupés du monde, nous ignorons toujours tout de notre sort. Je m’allonge sur le banc, avec pour seule « couche » symbolique la mince étoffe de ma parka même pas matelassée. Mais le bois n’est pas une matière désagréable. Mizu demande une couverture. On la lui donne. Vu son odeur, il regrette presque de l’avoir demandée…
Avec mes compagnons, infailliblement sereins et philosophes malgré l’incertitude et l’anxiété affleurante, les échanges se font de plus en plus rares. Mais le sommeil ne vient pas. Comment le pourrait-il, avec la lumière crue du couloir qui éclaire notre cellule comme une salle d’opération – le SARIJ ou le pays où le néon ne s’éteint jamais –, et surtout avec les éclats de voix et de rire des policiers de l’accueil, apparemment installés devant un téléviseur diffuseur de niaiseries ? Les policiers de garde d’un commissariat n’ont pas la même notion du sommeil de leurs « clients » qu’un réceptionniste d’hôtel… La nuit en SARIJ, un véritable son et lumière.

0 h 50 – Au bout d’un temps indéfini, passé à me retourner sur le banc pour me mettre alternativement sur le ventre et sur le dos – une occupation comme une autre –, au beau milieu, en tout cas ce que je crois être, à peu près, le milieu, de ce que l’on ne peut pas vraiment appeler une nuit, je suis hélé depuis le couloir : « Votre avocate est là. » L’esprit embrumé, les vêtements chiffonnés, je me redresse, tel un vieil orang-outan qui accepte encore de faire le singe devant les jeunes visiteurs du zoo, enfile mes chaussures sans lacets, remets ma chemise dans mon pantalon et sors de la cellule. Par précaution, j’en profite pour demander à aller aux toilettes. Accordé. La chasse d’eau fait un tel vacarme, dans ces murs nus et froids, que j’en ai honte de troubler la nuit de mes codétenus. Après quoi on me reconduit dans la petite pièce où j’ai subi la fouille à corps. Je m’assieds sur une des deux chaises.
L’instant suivant, l’avocate entre dans le réduit. Pimpante. Je me lève poliment pour l’accueillir, nous nous serrons la main avant de nous asseoir l’un en face de l’autre. Je suis tombé sur une avocate – commise d’office – aussi affable qu’ouverte d’esprit. L’entretien commence par une séance de rigolade : l’avocate m’explique qu’on l’a fait venir pour un « tagueur » et qu’en me voyant elle a cru qu’il y avait erreur sur la personne, tant je n’ai pas l’aspect – de par mon âge et mon allure – généralement associé à cette catégorie de délinquants.
Je lui demande l’heure, en échange de quoi je lui fais un très succinct cours magistral sur le barbouillage antipublicitaire, matière qu’elle semble ignorer et qui, visiblement, ne lui inspire aucune répugnance. Quand je lui dis que nous sommes six dans ma situation, ce qu’elle ne savait pas, que j’en suis à mon quarante-huitième barbouillage, à ma trente-quatrième conduite au poste et que j’ai été condamné une fois, l’année dernière, en appel, à un euro d’amende, elle sursaute tout en souriant devant la fierté avec laquelle j’évoque mes faits d’armes. Tous ces éléments lui permettent ensuite de m’exposer ce qu’il peut advenir de mes compagnons et de moi-même. Et tout devient limpide pour moi – rien de tel que les travaux pratiques en conditions réelles pour comprendre ce qui jusque-là était de l’ordre de l’abstraction ! Voici.
Nous pouvons être libérés à tout moment, mais, vraisemblablement, on nous gardera toute la nuit. Demain matin, soit on nous relâche, avec ou sans convocation pour un procès qui aurait lieu dans un ou deux mois, soit on nous défère devant le procureur de la République, c’est-à-dire qu’on nous emmène dans son bureau, qui se trouve au Palais de justice. Là, le procureur, soit classe l’affaire sans suite, soit nous convoque pour un procès dans un ou deux mois, soit nous fait passer en comparution immédiate. Cette procédure est en général réservée à des citoyens mal insérés socialement, par exemple sans emploi ni domicile, dont la justice peut craindre qu’ils ne se rendent pas à une convocation ultérieure. Nous n’avons, a priori, pas ce profil.
En cas de comparution immédiate, puisque demain, c’est dimanche et que le tribunal ne siégera pas, le procureur soit nous fait confiance, nous libère en nous convoquant pour après-demain lundi, soit nous fait conduire au dépôt, de sinistre réputation, dans les sous-sols du Palais de justice. L’avocate ne croit pas trop à cette perspective, mais on ne sait jamais.
Quant aux peines encourues, pour ce qui me concerne, puisque déjà condamné, donc récidiviste (et même multirécidiviste !), je risque, en vertu de la loi du 10 août 2007 sur la récidive, deux ans de prison ferme et une forte amende. L’avocate précise qu’il existe malgré tout une marge entre la peine théorique et son application. Mais le risque est là, et je le perçois dans toute sa cruauté.
À la fin de l’entrevue, qui n’aura pas excédé une dizaine de minutes, je lui demande si elle ne pourrait pas donner un coup de téléphone de ma part. Elle refuse à contrecœur, m’expliquant qu’elle n’en a pas le droit.

1 heure – Retour dans ma cellule, où mes deux compagnons écoutent avec le plus grand intérêt tout ce que je viens d’apprendre. Surtout Raphael J***, récidiviste comme moi.

2 heures – C’est à son tour, justement, d’avoir un entretien avec son propre avocat commis d’office. Une dizaine de minutes plus tard, il revient dans la cellule et nous restitue l’essentiel de ce qu’il a appris. Rien de très nouveau, si ce n’est sur la question des perquisitions à domicile, sur laquelle nous lui avons passé commande d’informations auprès de « son » avocat. Réponse : quand il y a perquisition, cela se fait en général dans la foulée de la déposition, juste après l’interpellation, et surtout quand la police pense trouver des éléments intéressants, comme des munitions – dans notre cas, un stock de bombes de peinture ?…
Vincent aussi avait demandé à voir un avocat. Il regrettera d’autant moins cette consultation qu’il est le seul d’entre nous à être isolé dans sa cellule…
La « nuit » continue. Une nuit sans sommeil, sauf, peut-être, pour ce qui me concerne, une heure, une heure et demie au petit matin. Mes cogitations d’insomnie – irrépressibles, et c’est bien là la victoire du système répressif – en bref : moi, le vieux barbouilleur, l’encore plus vieux publiphobe, pour quoi, pour qui me bats-je ? Pour combien de personnes ? À quoi bon tout cela, ces actions, ces sanctions, ces risques ? Alternative : soit je me range et me résigne à vivre, ou survivre, par ma passivité complice, ou ma complicité passive, dans un monde pourri de publicité, soit je continue jusqu’au bout, jusqu’au sacrifice, jusqu’au martyre. Pour l’immédiat, je songe au pire : déféré demain matin dimanche devant le procureur, transféré au dépôt du Palais de justice, traîné après-demain lundi en comparution immédiate, condamné pour récidive, incarcéré pour deux ans… Et mes projets de vie, et ma vie affective là-dedans ? D’imaginer ce questionnement familier à tout militant dans ma situation ne me rassure pas. Ne suis-je pas allé trop loin ? Une fois encore, pour qui ? De mauvaises langues ne disent-elles pas qu’on a le monde qu’on mérite ? Vais-je laisser détruire ma vie pour cinquante personnes qui nous regardent, chaque mois, barbouiller ? Pire : vais-je la laisser détruire pour les milliers, les millions d’autres qui, chaque mois, ne viennent pas nous regarder barbouiller ?

8 heures – Petit-déjeuner. On nous apporte, à chacun, un biscuit enrobé de plastique et un petit carton de jus de fruit avec une paille. Je demande à Mizu et Raphael J*** si la nuit leur a porté conseil. Devant cette question, banale en toute autre circonstance, mais ici cruciale, ils finissent par m’avouer que oui. Belle invention, la garde à vue…

9 heures – Nouveau départ pour aller prendre mon médicament du matin. Menottes dans le dos, fourgon – pour moi tout seul, cette fois, grand luxe ! –, vingt minutes d’enchantement devant le paysage qui défile. Je savoure mon privilège, avec une pensée pour mes compagnons enfermés depuis la veille. Dans la salle d’attente de la zone policière de l’Hôtel-Dieu, cinquante minutes, toujours menotté, à observer les rares autres détenus, les policiers, et, surtout, à me demander à quoi tout cela va nous conduire. Quand sonne le bourdon de Notre-Dame, tout proche, je compte avidement les coups pour retrouver mes repères : un… deux… trois… huit… neuf… dix.

10 h 10 – Nouvelle consultation. Quand je demande au médecin pourquoi il me repose les mêmes questions que son confrère de la veille et m’étonne qu’il n’ait même pas mon dossier sous les yeux, il m’explique que seul le dernier médecin consulté est responsable et qu’il préfère donc repartir de zéro. Un progrès (peut-être pour qu’un fourgon et quatre policiers ne soient pas « gaspillés » une fois de plus pour moi tout seul…) : le médecin remet aux policiers une enveloppe avec une ordonnance et mon médicament du soir, pour que je n’aie pas à revenir en fin de journée. Tout de même…

10 h 30 – Après un nouveau passage de dix minutes dans la salle d’attente, menotté dans le dos, départ en fourgon.

10 h 50 – Retour au SARIJ, dans ma cellule. Mes compagnons, auxquels j’apprends le temps qu’il fait dehors, n’en savent toujours pas plus sur notre sort et la durée de notre détention.

12 h 10 – Empreintes digitales et photos. Un policier en civil aux mains gantées de plastique s’approche de nos cellules et nous appelle un par un. Il nous emmène à tour de rôle dans une petite pièce près de l’accueil, pour relever nos empreintes et nous photographier. Épreuve légèrement humiliante connue de la plupart d’entre nous et que nous subissons avec résignation. Chacun des dix doigts puis l’ensemble des doigts de chaque main sont pressés – « restez souple », dit le policier – sur un tampon encreur puis soigneusement appuyés sur un formulaire posé sur une table. Dans la même pièce, on nous fait ensuite asseoir sur une petite chaise métallique pour nous photographier de face, de profil, de trois quarts, avec entre les mains une ardoise sur laquelle apparaissent notre nom et notre date de naissance. Je ne sais pourquoi c’est souvent à ce moment-là que j’ai une pensée pour les afficheurs délinquants dont je barbouille les « œuvres » depuis si longtemps : lesquels d’entre eux sont déjà passés ne serait-ce qu’une fois par cette étape ? Avant de regagner notre cellule, nous avons droit à un lavage des mains dans un lavabo, car l’encre des empreintes serait nocive…

12 h 40 – Nous ne savons toujours pas pour combien de temps nous sommes là. À notre grande surprise, alors que nous venons tous de subir l’épreuve des empreintes et des photos, nous voyons l’homme ganté s’approcher de nouveau de nos cellules. Il m’appelle par mon nom et m’ouvre la porte. Je sors. Il me demande de le suivre. Je lui demande pourquoi. Il répond : « Pour prélever votre ADN. » À cette seconde, je bénis le ciel de m’avoir donné, hier soir, le réflexe d’interroger mes compagnons à ce sujet. Si je ne l’avais pas fait, je me trouverais devant l’alternative, soit d’accepter, ce qui créerait un précédent, soit de refuser en entraînant probablement le groupe dans une mésaventure non désirée. Fort de l’assentiment général implicite de mes compagnons qui assistent muets à la scène depuis le fond de leurs cellules, fort, aussi, du débat national en cours sur le sujet depuis un certain temps – ne dit-on pas que la première dame de France, avant d’épouser son cher Président, avait pris publiquement position contre le test ADN ? –, et bien que sachant que je risque un an de prison et une forte amende, je réponds à brûle-pourpoint que je refuse. Il me demande pourquoi. Sans lui donner de raison, tel un gorille indocile, je plante là le ganté et retourne au fond de ma cage sans mot dire. Le policier repart vers l’accueil. Dans nos cellules, règne un silence encore plus lourd. Le silence avant l’orage… Le ganté revient aussitôt, me dit que « c’est un délit ». Je lui réponds que je sais. Il repart de nouveau. Arrive un officier qui me demande confirmation de mon refus. Confirmé. L’officier retourne à l’accueil, puis revient, un air très autoritaire au visage. À son tour, il nous rappelle que c’est un délit. Puis interroge chacun de mes compagnons sur leurs intentions. Tous refusent. L’officier menace de prolonger la garde à vue. Nous comprenons alors qu’il était question de nous libérer – premier espoir de sortie depuis vingt heures ! Du banc où je suis toujours assis, je lance : « Prolongez. » L’officier me demande pourquoi nous refusons, ajoutant que, si nous refusons de donner notre ADN, c’est que nous avons « quelque chose à cacher, à nous reprocher… » Moi qui souvent manque d’esprit de repartie, je reçois subitement l’inspiration de la Muse des SARIJ et je rétorque : « C’est justement parce que nous n’avons rien à nous reprocher que nous ne voulons pas être assimilés aux gens pour qui le test ADN a été inventé ! » (Je pense aux violeurs et aux criminels.) L’officier, désarmé, reste sans voix et n’a pour seule ressource que de retourner à l’accueil.

12 h 45 - Il revient une minute plus tard, ouvre la cellule à ma gauche et appelle Raphael C***. Devant mes yeux étonnés, celui-ci sort et va se tenir devant l’officier. Sachant qu’il doit se produire sur scène le soir même et craint donc plus que les autres un prolongement de la garde à vue, je suppose qu’il a craqué et décidé de donner son ADN – décision que je respecte en profondeur même si elle porte atteinte à la cohésion du groupe. En réalité, c’est autre chose qui se passe à cet instant. Mizu me racontera plus tard que l’officier, revenu de l’accueil, lui a adressé un sourire furtif dans lequel se lisait cet aveu silencieux : « Je vous ai compris, vous avez gagné, je m’incline. » Ayant manqué ce sourire, je suis du regard avec inquiétude le compagnon qui vient de sortir de l’autre cellule et emboîte le pas à l’officier en direction de l’accueil. Observant à distance la scène qui se déroule à l’autre bout du couloir, je m’aperçois avec stupéfaction qu’on lui rend ses objets personnels. C’est la libération !
Quand vient mon tour de sortir de la cellule, j’ai droit, moi aussi, à un sourire de l’officier, lequel évoque une rencontre antérieure. Je reconnais qu’en effet son visage ne m’est pas inconnu et que nous avons dû nous croiser l’une des nombreuses « autres fois ».
Les uns après les autres, nous passons à l’accueil récupérer nos biens, signer des feuilles et des registres. L’ambiance est détendue, presque cordiale.

13 heures – C’est le 1er mars. Nous sommes tous dehors, à la lumière du jour, tels des astronautes revenus de l’espace ou des spéléologues remontés du gouffre. Une douce euphorie plane entre nous. Le premier geste est de se précipiter sur un téléphone pour alerter les copains, les copines, tout l’entourage. Nous apprenons que nos amis du collectif, toujours ignorants de notre sort, n’ont pas attendu notre libération pour diffuser un communiqué de presse, vers midi. Un autre communiqué va donc partir dans les minutes qui suivent, lequel fera l’objet d’une dépêche de l’Agence France-Presse, dépêche abondamment reprise dans toute la presse et sur la Toile. Dix jours plus tard – les 9 et 10 mars –, le Conseil de Paris dénoncera officiellement notre garde à vue, et l’adjoint au maire chargé de la Sécurité (Georges Sarre) demandera des comptes au préfet de police et au procureur de la République.

Un seul commentaire. Ayant calculé, avec mes compagnons, qu’il doit y avoir, peu ou prou, à Paris entre cinq cents et mille places de garde à vue dans les vingt SARIJ et les commissariats, je m’étonne que l’on ait réservé six d’entre elles à des serviteurs de l’intérêt général. Pendant ce temps, les afficheurs-pollueurs délinquants, au service de l’intérêt d’une poignée d’annonceurs, ont passé une excellente nuit dans leurs lits douillets.

Yvan Gradis (11-25 mars 2009)

Sunday 1 March 2009

Urgent - réunion contre la vidéosurveillance à la mairie de Paris 2e

Filed under: Uncategorized — WhilelM @ 15:16

Le 20 octobre dernier, le Préfet de police présentait au Conseil de Paris son “plan de vidéoprotection pour Paris” dans lequel il prévoit l’implantation de 1226 caméras de vidéosurveillance dans la capitale (mise en service envisagée fin 2010). Une majorité d’élus a reçu favorablement cette proposition et a implicitement approuvé le déploiement du plan.

Il n’aura pas lieu, ou plutôt le processus de “concertation” sera extrême ment limité : il sera uniquement demandé aux conseils de quartier parisiens de se prononcer sur les emplacements de caméras proposés par la préfecture de police.

Une réunion aura lieue en mairie du 2e, 8 rue de la Banque 75002 Paris métro Bourse, le lundi 2 mars à 19h. Ce sera l’occasion d’intervenir et de soutenir Jacques Boutault, maire du 2e, contre la vidéosurveillance à Paris.

Sources : Premier débat sur le projet de 1000 caméras à Paris

Pour en lire plus sur le sujet : Les caméras de vidéosurveillance sont aussi efficaces que des “boites en carton peintes en noires sur des poteaux”

Thursday 26 February 2009

“riposte graduée” ? HADOPI ? “Création et Internet” ?

Filed under: internet — WhilelM @ 5:10

HADOPI - Le Net en France : black-out

Le projet de loi “Création et Internet” ou “HADOPI” a été voté au Sénat le 30 octobre 2008 et sera bientôt examiné à l’Assemblée nationale. Elle a pour objet de mettre en oeuvre la “riposte graduée” visant à couper l’accès aux internautes suspectés de partage d’oeuvres sans autorisation.

Une autorité (l’HADOPI), instaurée par le texte, agira sur dénonciation d’acteurs privés travaillant pour les industries du divertissement (syndicats professionnels, enquêteurs privés). L’HADOPI sera chargée, en se basant sur ces preuves sans valeurs, d’envoyer des courriers accusant les utilisateurs et les menaçant de sanctions. En cas de récidive, leur déconnexion d’Internet est ordonnée sans possibilité de se reconnecter pour une durée de 1 à 12 mois. Il n’est possible de contester ces accusations qu’une fois la sanction prononcée.
HADOPI - Le Net en France : black-out

Ce dispositif pose de nombreuses questions d’ordre économique, technique et juridique, mais également des questions relatives au respect des droits et libertés fondamentales des citoyens.

Pour en savoir plus… et agir, une adresse de référence : Le tableau de bord HADOPI

Wednesday 4 February 2009

Une part du marché nucléaire indien pour la France

Filed under: nuclear — WhilelM @ 15:00

Vingt milliards d’euros, c’est le très beau cadeau que les Etats-Unis viennent [Octobre 2008] d’offrir à la France. Cela correspond à une commission de 25 % du montant total des contrats prévus à la suite du succès de l’accord nucléaire indo-américain. Pourquoi céder une si belle part de ce succulent gâteau à la France ? D’abord, parce que les Etats-Unis n’ont pas le choix. L’industrie nucléaire civile française est le leader mondial du secteur. La France devait attendre que le Groupe des fournisseurs nucléaires donne le feu vert, ce qu’il a fait au début du mois septembre, au bout d’une série de négociations dures. Tout était prêt depuis longtemps. Il suffisait que le premier ministre indien vienne à l’Elysée signer. La France n’est pas seule : la Russie et le Japon sont également sur les rangs pour renforcer leurs ventes en Inde.

[...]

Dans leur nouvelle relation avec New Delhi, les Etats-Unis espèrent dompter les ambitions chinoises et russes en Asie tout en se faisant beaucoup d’argent. Que la France en tire aussi des bénéfices correspond pour M. Bush à une bonne politique transatlantique, au moment où Washington a besoin du soutien de la France pour mener la guerre en Afghanistan, pour contenir les ambitions nucléaires de l’Iran, et pour contrer une Russie refusant de se voir humiliée jusqu’à sa frontière avec l’Europe.

Source : Les blogs du diplo - Une part du nucléaire indien pour la France, de Mira Kamdar

Ainsi, la France a pu signer un accord de coopération avec l’Inde, qui devrait permettre à Areva d’y contruire 2 EPR. Cet accord était soumis à l’approbation de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) et du Groupe des Fournisseurs Nucléaire (GFN). L’embargo international sur le nucléaire auquel était soumise l’Inde, avait pris fin en septembre 2007.

Est-il nécessaire de rappeler que l’Inde a refusé de signer le traité de non-prolifération nucléaire (TNP) tout comme le traité d’interdiction complète des essais nucléaires ?

Pour continuer sur le sujet : Prolifération nucléaire: conduites à hauts risques

Tuesday 27 January 2009

Répression, violence policière et abus de pouvoir

Filed under: social, solidarity — WhilelM @ 18:45

Vous trouverez ci-dessous un témoignage sur le rassemblement du 24 janvier en soutien à 3 personnes arrêtées.

Pour des informations plus générales sur le sujet (la cristallisation de la menace terroriste d’extrême-gauche dans l’imaginaire étatique français) qui prend de l’ampleur de mois en mois, je vous propose de jeter un oeil sur le dossier Mauvaises intentions et plus particulièrement la brochure Mauvaises intentions n°2

Bonjour,

Merci de faire circuler l’info dans vos réseaux.
Gilles va bien, mais il faut se mobiliser massivement.

Elodie

Répression, violence policière et abus de pouvoir

Samedi 24 janvier 2009 devait avoir lieu à Barbès un rassemblement de soutien pour Isa, Juan et Damien, militants incarcérés depuis presque un an dans le cadre d’une instruction antiterroriste. Le cortège n’a pas eu le temps d’amorcer la moindre marche qu’il était déjà cerné par les CRS et bombardé de gaz lacrymogènes. Une centaine de manifestants (et de passants !) ont été arrêtés et conduits au commissariat du 13e pour rassemblement non déclaré et refus de se disperser. Mais, selon de nombreux témoignages, l’ordre de dispersion n’a jamais été donné et les cordons de flics empêchaient quiconque de partir. Une employée du métro a ouvert les grilles pour permettre aux gens d’évacuer, mais elle a été elle-même gazée à grand renfort de bombe lacrymo.
Gilles est arrivé sur place après que le cordon de CRS a été déployé. Il a observé la scène avec de nombreux autres manifestants et riverains qui criaient leur désapprobation face à l’abus de pouvoir et la violence policiers. Les forces de l’ordre se sont rapidement retournées contre ces spectateurs indésirables en essayant de les cerner à leur tour. Des commerçants (qui sont généralement prompts à baisser leur grille lors des manifestations) ont relevé leurs grilles, épouvantés par tant de violence, pour permettre aux militants de se réfugier dans leur boutique.
Gilles a été arrêté et emmené avec sept autres personnes au commissariat de Riquet. Ils sont accusés de violences sur agents dépositaires de la force publique, rébellion, dégradations, attroupement en bande armée. Un autre groupe de sept personnes conduites au Central 13 est accusé d’avoir refusé de se disperser suite à des sommations policières et est convoqué au tribunal le 6 mai. Les autres personnes retenues dans le 13e ont été relâchées.
Trois policiers ont témoigné avoir vu Gilles lancer une canette sur les forces de l’ordre. Ils l’ont décrit très précisément avec les vêtements qu’il portait… en cellule ! Mais lors de la manif (rappelons que nous sommes en janvier), Gilles portait manteau, casquette, foulard et sac !
De plus Gilles n’a absolument rien lancé (il devait jouer sur scène le soir même, il n’est pas irresponsable), son seul tord était d’être là. Il y a fort à parier que les charges pesant contre les autres reposent également sur de grossiers faux témoignages de représentants de la loi cherchant à justifier la violence de leur intervention. Une autre personne arrêtée a dû subir durant une vingtaine de minutes les coups que quatre policiers lui donnaient à tour de rôle. Ces coups lui ont occasionné une perforation du tympan. Pour justifier une fois de plus leurs actes et couvrir leur bavure, les policiers ont isolé cette personne du reste du groupe et l’ont conduite devant le tribunal bien après les autres, cherchant des éléments pour le charger et essayant de le faire passer pour un gros poisson.
Gilles et les sept autres ont comparu devant le Tribunal de Grande Instance lundi après-midi. Il y a mise en examen, mais heureusement aucune détention provisoire. Le procès aura lieu début mars. Il faudra être nombreux au rendez-vous.

Thursday 13 November 2008

Un troisième tir du futur missile M51 attendu ces jours-ci

Filed under: m51 — WhilelM @ 11:05

Alerté du fait qu’un troisième tir du futur missile stratégique M51 doit avoir lieu aujourd’hui à Biscarrosse, le collectif Sortir du nucléaire [il faudrait plutôt lire le collectif Non au missile M51] organise une manifestation aux abords du Centre d’essais de lancement de missiles (Celm), à Biscarrosse (40), avec l’espoir de pénétrer dans l’enceinte de ce complexe. La date n’est pas certaine, mais un essai devrait bel et bien avoir lieu ces jours-ci, à un moment qui pourrait dépendre entre autres de la météo. Et si le tir se déroule conformément aux prévisions, il s’agira du dernier test avant que le missile n’équipe la force océanique sous-marine, à partir de 2010.

Le M51 a vocation à remplacer les actuels missiles M45 à bord des sous-marins lanceurs d’engins. Il se différencie de ces derniers par sa taille, voisine d’une cinquantaine de mètres, et par sa portée, peut-être proche de 10 000 kilomètres.

Le M51, qui est le vecteur principal de notre force de dissuasion, concentre un budget total de l’ordre de 9 milliards. Une bonne partie de cette manne est déversée dans la région : l’entreprise girondine Snecma Propulsion Solide produit les tuyères (moteurs) de cet engin de trois étages, dont le carburant (du propergol) est fabriqué par l’établissement SME-SNPE de Saint-Médard-en-Jalles (33). La conception globale est confiée à EADS Astrium, dont l’établissement girondin de Saint-Médard a, entre autres, la responsabilité de l’assemblage.

Énorme piscine.

Le tir d’essai des moteurs est assuré par le centre d’essais girondin CAEPE, avant que le missile entier ne soit mis à feu à Biscarrosse pour retomber quelque part dans l’océan Atlantique. Quant à l’établissement CEA-Cesta du Barp (33), il est l’architecte des têtes nucléaires.

Le tir prévu ces jours-ci constituera une première. Contrairement aux deux essais précédents, le gigantesque engin ne sera pas tiré du sol mais à partir d’une fosse profonde d’une cinquantaine de mètres et remplie d’eau. Ainsi seront simulées les conditions d’une utilisation réelle, la première et très brève partie du parcours du M51 devant se dérouler dans l’eau. Pour les précédentes familles de missiles balistiques, ce type de test se déroulait à bord de sous-marins d’essai. Mais, cette fois-ci, une sorte de gigantesque piscine a été creusée à Biscarrosse pour vérifier que le missile fonctionne aussi bien sous l’eau que dans l’atmosphère, puis dans l’espace où il fera un passage avant de retomber vers sa destination finale.

Auteur : Bernard Broustet

Source : Sud Ouest.com

Tuesday 11 November 2008

Le Réveil des Marmottes rappelle la liste des sous-marins nucléaires français

Filed under: m51 — WhilelM @ 11:17

Le Réveil des Marmottes rappelle une anecdote succulente: En 2007, lors de la présidentielle, aucun des deux candidats, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, ne savaient combien la France dispose de sous-marins nucléaires. Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy postulaient à la fonction de chef suprême des Armées… Noutnoute avait éclairé Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy: Les sous-marins de la force stratégique sont stationnés à l’Île Longue dans la rade de Brest en Bretagne. Sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE): L’Inflexible (S615) - Le Triomphant (S616) - Le Téméraire (S617) - Le Vigilant (S618). Sous-marins nucléaires d’attaque (SNA): Le Saphir (S 602) - Le Rubis (S 601) - Le Casabianca (S 603) - L’Émeraude (S 604) - L’Améthyste (S 605) - Le Perle (S 606). Les sous-marins nucléaires sont équipés 6 têtes nucléaires furtives TN71 et de 16 missiles M45. Ils seront remplacés en 2010 par les M51.

Source : Le Réveil des Marmottes : Les sous-marins nucléaires insubmersibles ?

Wednesday 5 November 2008

Des noms de l’automobile en France visitent la dissuasion à Brest

Filed under: m51 — WhilelM @ 11:46

Carlos Ghosn, PDG de Renault et Antar Daouk, membre de l’automobile club de France accompagnés de l’amiral Pierre-François Forissier, chef d’état major de la Marine se sont rendus aujourd’hui sur la base opérationnelle de l’île Longue. Ils ont pu à cette occasion assister à une présentation des nouvelles installations nécessaires à l’assemblage et l’embarquement du missile M51 dont seront dotés les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins dès 2010. Ce déplacement a permis de mesurer toute la dimension de la dissuasion par la visite d’un sous-marin nucléaire lanceur d’engins chargé d’en assurer la permanence. A cette occasion le vice-amiral d’escadre Jean-François Baud, commandant des forces sous marines et de la force océanique stratégique a présenté les forces sous -marines et leur format, consolidé par le livre blanc, en insistant sur la double exigence de crédibilité et d’invulnérabilité de la composante océanique stratégique.

Source : l’actualité de la Marine

Friday 31 October 2008

Trop de pression pour Snecma

Filed under: m51 — WhilelM @ 21:57

La Snecma (groupe Safran) envisage de se séparer ou sous-traiter son activité “capteurs de pression” située à Le Haillan, près de Bordeaux. Ces capteurs sont utilisés tant sur les chaudières nucléaires d’Areva que sur les missiles stratégiques nucléaires M51. Or, leurs seuls équivalents et éventuels substituts sont américains. Ce qui signifie que la Délégation générale pour l’armement (DGA) aura certainement son mot à dire.

Source : LA LETTRE A N°1386 - 31/10/2008

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