Un troisième tir du futur missile M51 attendu ces jours-ci
Alerté du fait qu’un troisième tir du futur missile stratégique M51 doit avoir lieu aujourd’hui à Biscarrosse, le collectif Sortir du nucléaire [il faudrait plutôt lire le collectif Non au missile M51] organise une manifestation aux abords du Centre d’essais de lancement de missiles (Celm), à Biscarrosse (40), avec l’espoir de pénétrer dans l’enceinte de ce complexe. La date n’est pas certaine, mais un essai devrait bel et bien avoir lieu ces jours-ci, à un moment qui pourrait dépendre entre autres de la météo. Et si le tir se déroule conformément aux prévisions, il s’agira du dernier test avant que le missile n’équipe la force océanique sous-marine, à partir de 2010.
Le M51 a vocation à remplacer les actuels missiles M45 à bord des sous-marins lanceurs d’engins. Il se différencie de ces derniers par sa taille, voisine d’une cinquantaine de mètres, et par sa portée, peut-être proche de 10 000 kilomètres.
Le M51, qui est le vecteur principal de notre force de dissuasion, concentre un budget total de l’ordre de 9 milliards. Une bonne partie de cette manne est déversée dans la région : l’entreprise girondine Snecma Propulsion Solide produit les tuyères (moteurs) de cet engin de trois étages, dont le carburant (du propergol) est fabriqué par l’établissement SME-SNPE de Saint-Médard-en-Jalles (33). La conception globale est confiée à EADS Astrium, dont l’établissement girondin de Saint-Médard a, entre autres, la responsabilité de l’assemblage.
Énorme piscine.
Le tir d’essai des moteurs est assuré par le centre d’essais girondin CAEPE, avant que le missile entier ne soit mis à feu à Biscarrosse pour retomber quelque part dans l’océan Atlantique. Quant à l’établissement CEA-Cesta du Barp (33), il est l’architecte des têtes nucléaires.
Le tir prévu ces jours-ci constituera une première. Contrairement aux deux essais précédents, le gigantesque engin ne sera pas tiré du sol mais à partir d’une fosse profonde d’une cinquantaine de mètres et remplie d’eau. Ainsi seront simulées les conditions d’une utilisation réelle, la première et très brève partie du parcours du M51 devant se dérouler dans l’eau. Pour les précédentes familles de missiles balistiques, ce type de test se déroulait à bord de sous-marins d’essai. Mais, cette fois-ci, une sorte de gigantesque piscine a été creusée à Biscarrosse pour vérifier que le missile fonctionne aussi bien sous l’eau que dans l’atmosphère, puis dans l’espace où il fera un passage avant de retomber vers sa destination finale.
Auteur : Bernard Broustet
Source : Sud Ouest.com
